La Grande-Terre
La Grande-Terre est séparée de la Guadeloupe Proprement Dite
par un bras de mer, la Rivière Salée, vraisemblablement ouvert
au Pléistocène.
Très différente, cette île de l’Est a certes pour
soubassement un socle volcanique vieux de 25 à 40 MA, et fait partie
de l’Arc externe. Elle est entièrement recouverte de calcaire.
C e recouvrement sédimentaire lui donne une allure tabulaire. Elle culmine
seulement à 136 m et présente une forme triangulaire, faisant
penser à un félin couché (un sphinx). A l’est, des
falaises impressionnantes, de 80 m d’altitude moyenne. Un basculement
vers l’ouest donne des côtes ennoyées, où l’on
trouve la mangrove.
On peut distinguer 5 zones morphologiques principales :
1. Les plateaux calcaires du nord, fracturés en marches d’escalier,
et délimités par la faille de la pointe Nord et la faille de la
Porte d’Enfer. Ils seraient constitués de calcaires récifaux
datant du Pliocène moyen.
2. La plaine de Grippon (Morne-à-l’Eau) représente un accident
situé au centre de l’île, de direction WNW-ESE de 1,5 km
de large. On en parle comme d’un effondrement de type Graben : fond Pléistocène
entre deux murs calcaires Pliocène. Cet accident peut-être né
d’un mouvement horizontal pendant la période Plio-Pléistocène.
3. La zone des Grands Fonds présente les formations les plus anciennes
(Pliocène). Les calcaires reposent sur des formations volcano-sédimentaires.
C’est une zone à forte érosion karstique.
4. Les plateaux de l’Est présentent des blocs faillés en
marches d’escaliers recouverts de calcaires récents, et des glissements
horizontaux de blocs calcaires vers la Pointe-des-Chateaux.
5. La zone des mangroves passe progressivement au domaine marin en une bande
côtière étroite sur le flanc ouest de la Grande-Terre.
La Désirade
Placée en avant sur l’Atlantique, à l’est de la Grande-Terre,
elle couvre 22 km², avec une forme rectangulaire. Un plateau calcaire impressionnant,
culminant à 273 m d’altitude. Recouverte de calcaire récent
(Pliocène inférieur), l’île est cependant posée
sur le plus ancien soubassement de l’Arc des Petites Antilles, de 90 à
140 MA. Faisant partie de l’arc ancien, elle s’est probablement
mise en place à la fin du Jurassique ou au Crétacé. La
région est toujours sujette à l’instabilité, comme
le montre des réajustements tectoniques récents sur les zones
côtières récifales.
Les îles de Petite Terre d’une superficie de 1,5 km², sont
proches de la Désirade, géographiquement et géologiquement.
Elles sont extrêmement plates avec une végétation et une
faune originelles.
L’île de Marie-Galante est la plus grande dépendance, avec
ses 158 km². De forme circulaire, elle a toutes les caractéristiques
de la Grande-Terre : recouvrement calcaire Pliocène culminant à
204 m d’altitude, érosion karstique, absence d’affleurement
du socle volcanique, falaises côtières à l’est, basculement
vers l’ouest avec la zone de mangrove. L’île est traversée
d’un accident tectonique important : la Barre de l’Ile. Elle détermine
une zone affaissée par rapport au reste de l’île. La rivière
de Saint-Louis aurait pris place dans un accident tectonique plus au sud, orienté
NNW-SSE. L’île de Marie-Galante fait aussi partie de l’Arc
Externe, avec soubassement volcanique Oligo-Miocène.
L’Archipel des Saintes situé à 12 km au sud de la Basse-Terre,
fait partie de l’Arc Interne, récent. L’île de Terre-de-Bas
avec ses 9,5 km² est plus étendue que l’île de Terre-de-Haut
(4,5 km²). Elle est aussi la plus ancienne, datant du volcanisme Pliocène
(6 MA).
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